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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/212

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ŒUVRES


éloignent les fideles des paroisses, sans avoir pensée d'attaquer en cela la Société, et qu'au contraire il l'honnoroit avec amour. Par ces seules paroles il ¹revint de son apostasie, de ses scandales, et de son excommunication, sans retractation, et sans absolution; et le P. Alby luy dit ensuite ces propres paroles : Monsieur, la creance que j'ay eue que vous attaquiez la Compagnie dont j'ay l'honneur d'estre, m'a fait prendre la plume pour y répondre; et j'ay creû que la manière dont j'ay usé M'ESTOIT PERMISE.

Mais connoissant mieux vostre intention, je viens vous declarer, QU'IL N'Y A PLUS RIEN qui me puisse empescher de vous tenir pour un homme d'esprit tres éclairé, de doctrine profonde et ORTHODOXE, de mœurs IRREPREHENSIBLES, et en un mot pour digne Pasteur de vostre Eglise. C'est une Declaration que je fais avec joye, et je prie ces Messieurs de s'en souvenir.

Ils s'en sont souvenus, mes Peres, et on fut plus scandalisé de la reconciliation, que de la querelle. Car qui n'admireroit ce discours du P. Alby ? Il ne dit pas qu'il vient se retracter, parce qu'il a apris le changement des mœurs et de la doctrine de M. Puys ; mais seulement parceque connoissant que son intention n'a pas esté d'attaquer vostre Compagnie, il n'y a plus rien qui l'empesche de le tenir pour catholique. Il ne croyoit donc pas qu'il fust heretique en effet ? Et neanmoins après l'en avoir accusé contre sa connoissance, il ne declare pas qu'il a failly ; ²et

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1. B. [revient].

2. B. [mais].