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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/198

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ŒUVRES

IV. — L'AFFAIRE DU PÈRE VALERIANO MAGNI

A l'occasion de son traité de Atheismo Aristotelis (vide supra T. II, p. 506), le Père Valeriano Magni avait été pris à partie par les Jésuites. Il riposta par son livre : Commentarium de homine infami personato sub titulis M. Jocosi Severii medii, que Dannbawer cite, au dire de Bayle (article Magni), dans son Vale triumphale. La querelle s'envenima, les Jésuites reprochant à Magni d'avoir soutenu que la primauté et l'infaillibilité du Pape étaient fondées non pas sur l'Écriture, mais sur la seule tradition. Le Père Valeriano réimprima dans son Apologia Valeriani Magni contra Imposturas Jesuitarum. Ad majorem gloriam Dei, Vienne, 1658, 162 p. in-12, plusieurs de ses écrits, dont nous n'avons pas trouvé la première édition. Parmi ces réimpressions, on trouve une lettre adressée au Père Bonaventure Ruthenus,du 18 avril 1653, une autre à Théophile, de 1655, et un traité qui a pour titre : Causæ cur Celsissimo Principi Ernesto Landgrauio Hessiæ non probatur habitatio PP. Capucinorum in Oppido S. Goaris, Prague, 1655. Pascal eut probablement connaissance de ces livres par l'intermédiaire de Desnoyers, secrétaire des Commandements de la reine de Pologne, celui-là même qui avait fait connaître à Mersenne les expériences du Père Magni sur le vide (cf. supra T. II, p. 15).

Desnoyers donne à plusieurs reprises à son ami l'astronome Boulliau des renseignements demandés sur le capucin. Il parle de lui le 10 septembre 1656, et envoie en France un de ses livres ; le 14 octobre, il écrit : « Je connois fort particulierement le P. Valerien, capucin, et nous nous sommes souvent écrit ; s'il entendoit le françois, je luy aurois envoyé ces Lettres [les Provinciales] ; elles luy auroient assurement plu ; c'est un esprit presomptueux et tout rempli de la bonne opinion qu'il a de soy-mesme. » Le 27, il revient encore sur ce sujet : « Je vous ay dit mes sentimens sur le P. Valeriano Magni ; il ne laissera jamais les bons PP. Jesuites en repos » (Cf. Abel Mansuy : Une Reine de Pologne janséniste et les Provinciales. Revue