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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/188

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ŒUVRES


mencent mesme à remplir leurs livres, que les Jansenistes ne croyent pas l'invocation des Saints, qu'ils ne veulent point d'Images, qu'ils n'approuvent pas le Chapelet, et qu'ils ne communient point, ou que pour tromper le monde on leur donne des hosties non consacrées, et beaucoup d'autres mensonges tout-à-fait infames. En voila la source et l'origine. Ils croyent que c'est médire d'eux et de leur Societé que de descouvrir leur insuffisance et leurs erreurs dans la necessité de deffendre les plus importantes maximes du Christianisme.

Il n'y a donc rien qu'ils ne croyent pouvoir dire en conscience contre les adversaires de leur doctrine, afin de leur faire perdre autant qu'ils pourront le credit et l'autorité que leur vertu et leur suffisance leur pourroit avoir acquise dans le monde, parce qu'elle peut nuire à leur Compagnie. C'est ainsi qu'ils mettent en prattique cette maxime Diabolique, puis qu'il n'y en a point qui merite plus ce nom, que celle qui autorise la calomnie, qui a donné le nom au Diable, Non est peccatum saltem lethale detrahentis auctoritatem magnam tibi noxiam falso crimine elidere [p. 187 sqq.].


ARNAULD. — Seconde Lettre.... à un duc et pair.

p. 61... On tonnoit en mesme temps dans les chaires¹. On

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Pere. Et pour prouver cette impudente calomnie, ils mettent à la marge. Voyez les regles de l'establisssement des filles du S. Sacrement imprimées. Qui est un livre qui ne fut jamais » (note d' Arnauld) [p. 204]. — L'Analysie était attribuée au Père Seguin. A cette époque, les Constitutions de Port-Royal n'avaient pas encore été imprimées.

1 . « Le P. d'Anjou Jesuite preschant à S. Benoist le 8. de Mars dernier [1655] avança en pleine chaire cette estrange calomnie : Qu'il sçavoit de science certaine que les aumosnes publiques qu'on avoit recueillies pour les pauvres de Champagne et de Picardie avoient esté employées pour la plus grande partie à entretenir des personnes qui dogmatisoient, et qui estoient ennemies de l'Eglise et de l'Estat. Ce qui ayant excité une plainte publique, parce que tout le monde sçavoit que ces aumosnes avoient esté reccuës et employées par les Prestres de la Mission, M. Grenet Docteur de Sorbonne et Curé de cette Parroisse se crût obligé de prescher le lendemain au lieu de ce Predicateur pour destruire un mensonge si scandaleux » (note d'Arnauld) [p. 192 sq.]. La