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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/187

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QUINZIÈME PROVINCIALE. — INTRODUCTION


leurs Escolles non une seule fois, mais plusieurs années de suitte, Qu'il n'y a point de peché, au moins mortel, d'imposer un faux crime à celuy qui parle mal de vous, afin de ruïner par là son autorité, qui estant grande, vous pourroit estre nuisible, Non esse peccatum saltem lethale detrahentis auctoritatem magnam tibi noxiam falso crimine elidere. Qu'on ne cherche donc plus d'où peuvent naistre dans la bouche de ces Religieux et de ces Prestres, tant de faussetez si noires, tant de medisances publiques et secretes, tant de diffamations scandaleuses contre les vivans et contre les morts, jusqu'à oser dire, que des personnes trés-pieuses et que tout le monde sçait estre morts en saints, et apres avoir receu tous leurs Sacremens, sont morts en Athées et sans Sacremens¹: des lettres de Ministres forgées à plaisir² pour faire croire qu'un Docteur tres-catholique est d'intelligence avec les Heretiques pour ruiner l'Eglise : des blasphemes horribles attribuez à des personnes tres-saintes sur la foy de livres qu'on dit estre publics et imprimez, quoy qu'ils n'ayent jamais esté dans la nature³: des bruits semez parmi le peuple et dont ils com-

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Que l'on peut sans péché mortel imposer de faux crimes à ceux qui parlent desavantageusement de nous, pour les ruïner de credit et d'autorité par ces impostures, lors que la grandeur de leur reputation et de leur estime nous est nuisible. Non est peccatum saltem lethale detrahentis autoritatem magnam tibi noxiam falso crimine elidere. These imprimée des Jesuites, soustenuë publiquement par eux dans leur Collège de Louvain » [p. 188 sq.]. — Pascal écrit à plusieurs reprises, avec colère, ce mot elidere dans une note prise alors (cf. Pensées, fr. 921, T. III, p. 345 sq.).

1. « C'est ce qu'ils ont dit de feu Monsieur l'Abbé de Saint-Cyran, et depuis de feu M. l'Evesque de Bazas » (note d'Arnauld).

2. L'ouvrage auquel il est fait ici allusion a pour titre : Copie d'une Lettre du Sr D. H. Ministre, au Sr Arnauld, docteur de Sorbonne, 18 juin 1644, 8 p. in-4°.

3. « Dans la Response à l'Apologie du sieur Arnauld ou Analysie, 2. P. p. 10, ils disent, que Monsieur de Saint-Cyran avoit donné pour Regle aux Religieuses du Saint-Sacrement, Qu'il leur seroit loisible de desirer d'estre privées de la sacrée communion à la mort pour imiter le desespoir de Jesus Christ quand il fut abandonné à la croix par son