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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/172

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ŒUVRES


cide, souvenez-vous que le premier crime des hommes corrompus a esté un homicide en la personne du premier juste ; que leur plus grand crime a esté un homicide en la personne du chef de tous les justes ; et que l'homicide est le seul crime qui destruit tout ensemble l'Estat, l'Eglise, la nature, et la pieté¹.


Je viens de voir la réponse de vostre Apologiste à ²la treizième Lettre. Mais s'il ne répond pas mieux à celle-cy, qui satisfait à la pluspart de ses difficultez, il ne meritera pas de replique. Je le plains de le voir sortir à toute heure hors du sujet, pour s'étendre en des calomnies et des injures contre les vivants et contre les morts. Mais pour donner creance aux memoires que vous luy fournissez, vous ne deviez pas luy faire désavoüer publiquement une chose aussi publique qu'est le souflet de Compiegne. Il est constant, mes Peres, par l'aveu de l'offensé, qu'il a receu sur sa joüe un coup de la main d'un Jesuite ; et tout ce qu'ont pù faire vos amys, a esté de mettre en doute, s'il l'a receu de l'avant-main ou de l'arriere-main, et d'agiter la question, si un coup du revers de la main sur la joüe, doit estre appellé souflet, ou non³. Je ne sçay à qui il appartient d'en decider; mais je croy cependant que c'est au moins un souflet probable. Cela me met en seureté de conscience⁴.


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1. W. Quod simul Rempublicam et Ecclesiam deleat, naturam ac pietatem extinguat.

2. B. [ma] ; W. ad meam.

3. Cf. la lettre adressée de Paris à Perier, le 27 octobre 1656, supra p. 95.

4. W. Ecquid aliud requirutur ut id tutà conscientià dixerim ?


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