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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/156

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ŒUVRES


siez refuser. Je choisis donc pour cela vostre Pere Reginaldus, qui expliquant ce mesme lieu de Molina l. 21. n. 68¹. declare, que Molina y DETERMINE la valeur pour laquelle il n’est pas permis de tuer, à 3. ou 4. ou 5. ducats. Et ainsi, mes Peres, je n’auray pas seulement Molina, mais encore Reginaldus.

Il ne me sera pas moins facile de refuter vostre 14. imposture, touchant la permission de tuer un voleur, qui nous veut oster un escu, selon Molina². Cela est si constant, qu’Escobar vous le témoignera tr. I. ex. 7. n. 44³. où il dit, que Molina détermine regulierement la valeur pour laquelle on peut tuer, à un escu. Aussi vous me reprochez seulement dans la 14. Imposture, que j’ay supprimé les dernières paroles de ce passage : Que l’on doit garder en cela la moderation d’une juste deffense. Que ne vous plaignez-vous donc aussi de ce qu’Escobar ne les a point exprimées? Mais que vous estes peu fins? Vous croyez qu’on n’entend pas ce que c’est selon vous que se defendre. Ne sçavons-nous pas que c’est user d’une defense meurtriere? Vous ⁴voulez faire entendre que Molina a voulu dire par là, que quand on se trouve en peril de la vie en gardant son escu, alors on peut tuer, puisque c’est pour defendre sa vie. Si cela estoit vray, mes Peres, pourquoy Molina diroit-il au mesme lieu : Qu’il est contraire en cela à

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1. Cf. ce texte de Regnault, supra T. V, p. 68.

2. Voir cette imposture, supra p. 125 sqq.

3. Cf. ce texte d’Escobar, dans la septième Provinciale, supra T. V, p. 104 et p. 75.

4. B. [voudriez].