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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/155

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QUATORZIÈME PROVINCIALE


pour nous frapper : Et ailleurs : Il est permis de tuer celuy qui veut nous faire un affront, selon l’avis de tous les Casuistes, Ex sententiâ omnium, comme dit Lessius n.¹[78] ? Par quelle autorité vous qui n’estes que des particuliers, donnez-vous ce pouvoir de tuer aux particuliers, et aux Religieux mesmes? Et comment osez-vous usurper ce droit de vie et de mort, qui n’appartient essentiellement qu’à Dieu, et qui est la plus glorieuse marque de la puissance souveraine? C’est sur cela qu’il falloit répondre; et vous pensez y avoir satisfait, en disant simplement dans vostre 13. imposture², Que la valeur pour laquelle Molina permet de tuer un voleur qui s’enfuit sans nous faire aucune violence, n’est pas aussi petite que j’ay dit, et qu’il faut quelle soit plus grande que six ducats. Que cela est foible, mes Peres ! Où voulez-vous la determiner? A 15. ou 16. ducats? Je ne vous en feray pas moins de reproches. Au moins vous ne sçauriez dire quelle passe la valeur d’un cheval : car Lessius l. 2. c. 9. n. 74 ³. decide nettement : Qu’il est permis de tuer un voleur qui s’enfuit avec nostre cheval. Mais je vous dis de plus, que selon Molina cette valeur est déterminée à 6. ducats, comme je l’ay rapporté⁴ : et si vous n’en voulez pas demeurer d’accord, prenons un arbitre que vous ne puis-

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1. Toutes les éditions, par erreur : [74] ; W. ne donne pas la référence. — Cf. sur ce texte de Leys la septième Provinciale, supra T. V, p. 99 sq. et p. 62 sq.

2. Cf. ce texte du Père Nouet, supra p. 124 sq.

3. Cf. ce texte de Leys, supra T. V, p. 62.

4. Cf. dans la septième Provinciale, T. V, p. 103.