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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/128

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112 ŒUVRES

XXI

Cette epreuve, Seigneur, me fait voir clairement

La raison qui te porte, en des choses pareilles,

Comme pour prevenir ce juste estonnement,

A faire quelquefois pressentir tes merveilles.

Ainsy, malgré l’hiver d’une rude saison,

Un arbre fleurissant dans ta sainte maison

Y fait naistre l’espoir d’une chose étonnante¹.

Ainsy quand le soleil tenoit tout en repos

Par des songes de nuit qui n’ont rien que de faux

La verité parut à ton humble servante².


XXII

Cette ame en qui le Ciel a ³semblé s’epuiser

De tous les dons ⁴ divers de grace et de nature,

Mais dont l’humilité qui les sçait deguiser,

Interdit à mes vers d’en faire la peinture,

Avant ce grand miracle, au milieu du sommeil,

Pensoit voir dans l’Eglise un superbe appareil,

Sans sçavoir le sujet de sa magnificence,

Et qu’un peuple devot, avec empressement,

Cherchoit mille moyens, quoyqu’inutilement,

De tesmoigner son zele et sa reconnoissance.

_______________________________________________________________

1. Note des manuscrits : « L’hyver precedant le miracle, un arbre fleurit dans le jardin de P. R. de Paris. »

2. Note des manuscrits : « La nuit precedant le miracle, une Religieuse [G. [C’] c’est-à-dire: la mère Agnès] songea ce qui suit ».

3. G. [paru].

4. G. [divins].