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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/122

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106 ŒUVRES

VII

Cet arrest si sensible à l’amour maternel

Affligeant dans l’excez sa mere desolée,

Elle craint pour l’enfant ce remede cruel,

Et pense que sa mort l’auroit mieux consolée.

Sur cela, l’on propose un remede plus lent,

Mais de beaucoup moins seur comme moins violent,

Dont on a vu, dit-on, quelque cure admirable.

Lors cette bonne mere en fait bientost le choix,

Quoyque les medecins asseurent d’une voix

Qu’à tout sinon au feu ce mal est incurable.


VIII

Par un ordre secret des volontez de Dieu,

On renferme l’enfant dans un saint monastere,

Pour user de cette eau qui doit sauver du feu,

Faisant le mesme effet par un moyen contraire.

Le Port-Royal s’en charge, et veut bien prendre soin

D’assister cet enfant dans un si grand besoin,

Par un zele obligeant autant que charitable.

Mais tandis qu’on se sert de cette eau vainement,

Dix-huit mois ecoulez font voir bien clairement

Que le premier avis n’est que trop veritable.


IX

C’est icy, mon Sauveur, qu’il faut hausser¹ sa voix

Pour faire entendre à tous un mystere admirable,

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1. G. [ma].