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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/109

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INTRODUCTION

Le lundi 30 octobre, Jacqueline Pascal envoie à Gilberte Perier à Clermont le récit détaillé de la cérémonie de Port-Royal. Un ami l’avait déjà adressé à Florin Perier le 27.

Cette lettre à Perier, et celles que nous donnerons par la suite d’après les trois recueils du Père Guerrier, avaient attiré l’attention de Victor Cousin ; il se demandait même si Pascal n’en était pas l’auteur. Le Père Guerrier fait suivre la première de cette note : « Je ne sçai de qui est cette lettre parce qu’elle n’est pas signée, et que je n’en connois pas l’ecriture. Mlle Perier ne la connoit pas non plus. » Tout semble indiquer que d’Asson de Saint-Gilles en est l’auteur; elles font en quelque sorte suite à son journal et elles nous sont d’autant plus précieuses, que le correspondant de Perier est un familier de Pascal et qu’il s’était même chargé de lui transmettre les lettres de son beau-frère. Elles ont été publiées dans Jovy, Pascal inédit. T. I, d’après une copie de la Bibliothèque Nationale.

A Paris, ce 27. Octobre 1656. Vendredy.

« Monsieur, j’ay laissé passer la derniere poste sans vous escrire, parce que je voulois vous mander certaines nouvelles de vostre Miracle. Je vous envoye la Sentence qu’en a rendue M. le Grand Vicaire, laquelle vous trouverez, je m’assure, en bon estat. Il a agi pour la maison avec toute la civilité et bonté possibles, et pour couronner l’ouvrage de Dieu, il a fait aujourd’huy depuis 10. heures jusqu’à midy l’office solemnel dans l’Eglise de P.-R. avec toute la magnificence imaginable. Il a d’abord esté prendre la Ste Epine à la grande grille, aiant M. Singlin pour diacre et M. Bourgeois pour sous-diacre, et 8. autres Ecclesiastiques en surplis. Il a apporté