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Page:Œuvres de Blaise Pascal, VI.djvu/103

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EXTRAIT D’UNE LETTRE DE PASCAL

A Mr ET Mlle DE ROUANNEZ

VI. (olim. : 2).

|27(?) Octobre 1657]¹

...Il me semble que vous prenez assez de part au miracle pour vous mander en particulier que la verification en est achevée par l’Eglise, comme vous le verrez par cette sentence de M. le Grand Vicaire.

Il y a si peu de personnes à qui Dieu se fasse paroistre par ces coups extraordinaires, qu’on doit bien profiter de ces occasions ; puis qu’il ne sort du secret de la nature qui le couvre que pour exciter nostre foy à le servir avec d’autant plus d’ardeur que nous le connoissons avec plus de certitude. Si Dieu se decouvroit continuellement aux hommes, il n’y auroit point de merite à le croire; et, s’il ne se

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1 . La sentence dont il est question dans cette lettre est datée du 22 octobre. Aussi M. Ch. Adam a-t-il émis l’hypothèse que la lettre de Pascal avait été écrite ce jour même. Il faut remarquer que Jacqueline, lorsqu’elle écrit à sa sœur le 24, annonce la conclusion des Grands-vicaires, mais ne semble pas connaître encore le texte même de la sentence ; le correspondant ordinaire de Florin Perier ne lui envoie cet écrit que le 27 octobre ; l’impression faite par les amis de Port-Royal a dû demander, selon les habitudes du temps, plusieurs jours. Aussi devrait-on dater cette lettre du 27 octobre, s’il ne paraissait pas surprenant que Pascal ne dise pas un mot de la cérémonie de Port-Royal. Il est vrai que nous n’avons qu’un extrait de la lettre, où l’on a recueilli seulement les pensées d’édification. Ce fragment fut publié en 1740 par le Recueil d’Ultrecht, p. 306.