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TROISIÈME PROVINCIALE 211

tables erreurs. On luy donne pour examinateurs ses plus declarez ennemis 1 . Ils employent 2 tout leur estude à rechercher ce qu’ils y pourroient reprendre ; et ils en rapportent une proposition touchant la doctrine, qu’ils exposent à la Censure.

Que 3 pouvoit-on penser de tout ce procedé, sinon que cette proposition choisie avec des circonstances si remarquables, contenoit l’essence des plus noires heresies qui se puissent imaginer? Cependant elle est telle, qu’on n’y voit rien qui ne soit si clairement et si formellement exprimé dans les passages des Peres que M. Arnauld a rapportez en cet endroit, que je n’ay veu personne qui en pust comprendre la difference. On s’imaginoit neantmoins qu’il y en avoit 4 une terrible, puis que les passages des Peres estant sans doute catholiques, il falloit que la proposition de M. Arnauld y fust 5 horriblement contraire pour estre heretique.

C’estoit de la Sorbonne qu’on attendoit cet éclaircissement. Toute la Chrestienté avoit les yeux ouverts pour voir dans la Censure de ces Docteurs ce point imperceptible au commun des hommes.

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1. Sur les procédés employés contre Arnauld, cf. l’ Act cité supra p. 181, et cf. supra p. 196.

2. AB. [toute]. — Malherbe dit, dans son Commentaire sur Desportes (IV, 345): « Estude pour un lieu où l’on estudie est féminin; estude pour le travail d’estude est masculin. Qui fait au contraire n’y entend rien. » Vaugelas (1647), I. 309: Ce mot en toutes ses significations est féminin, tant au pluriel qu’au singulier. »

3. P. [pourroit].

4. A 2 B. [beaucoup;].

5. A 2 B. [extremement].