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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/82

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l’air qui pourroit y estre enclos, en sorte) dans un tuyau de quinze pieds, scellé par un bout comme dessus, et remply d’eau, de façon qu’il n’y ait hors du tuyau que le fil attaché à la corde, afin de l’en tirer, et l’ouverture ayant esté mise dans du vif argent : quand on tire la corde peu à peu, le vif argent monte à proportion, jusques à ce que la hauteur du vif argent, jointe à la quatorziesme partie de la hauteur qui reste d’eau, soit de deux pieds trois pouces : car après, quand on tire la corde, l’eau quitte le haut du verre, et laisse un espace vuide en apparence, qui devient d’autant plus grand, que l’on tire la corde davantage. Que si on incline le tuyau, le vif argent du vaisseau y r’entre, en sorte que, si on l’incline assez, il se trouve tout plein de vif argent et d’eau qui frappe le haut du tuyau avecque violence, faisant le mesme bruit et le mesme esclat que s’il cassoit le verre, qui court risque de se casser en effet. Et pour oster le soubçon de l’air que l’on pourroit dire estre demeuré dans la corde, on faict la mesme experience avec quantité de petits Cylindres de bois, attachez les uns aux autres avec du fil de laton.

6. Une syringue avec un piston parfaitement juste, estant mise dans le vif argent, en sorte que son ouverture y soit enfoncée pour le moins d’un pouce, et que le reste de la syringue soit eslevé perpendiculairement au dehors : si l’on retire le piston, la syringue demeurant en cet estat, le vif argent entrant par l’ouverture de la syringue, monte et de-