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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/79

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n’en suis pas l’Inventeur ; n’ayant dessein de donner que celles qui me sont particulières et de mon propre genie.14


Abbregé de la premiere partie, dans laquelle sont rapportees les Experiences.


experiences


i . Une syringue de verre avec un piston bien juste, plongée entierement dans l’eau, et dont on bouche l’ouverture avec le doigt, en sorte qu’il touche au bas du piston, mettant pour cet effect la main et le bras dans l’eau ; on n’a besoin que d’une force mediocre pour le retirer, et faire qu’il se des-unisse du doigt, sans que l’eau y entre en aucune façon : (ce que les Philosophes ont creu ne se pouvoir faire avec aucune force finie) : et ainsi le doigt se sent fortement attiré et avec douleur ; et le piston laisse un espace vuide en apparence, et où il ne paroist qu’aucun corps ait peu succeder, puis qu’il est tout entoure d’eau qui n’a peu y avoir d’accez, l’ouverture en estant bouchée, et si on tire le piston davantage, l’espace vuide en apparence devient plus grand ; mais le doigt ne sent pas plus d’attraction15. Et si on16 le

14. Voir le commentaire de ce paragraphe dans la lettre de Pascal à M. de Ribeyre (infra, p. 487).

15. Voir le commentaire de ce passage dans la lettre a M. le Pailleur (infra, p. 207 sqq.).

16. L’exemplaire de la Bibliothèque Mazarine (56 55g) porte cette correction manuscrite : tire la siringue presque toute entiere.