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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/63

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LETTRE DE JACQUELINE PASCAL A MADAME PERIER 47 mais M"" de Roberval qui estoit contre * ; et aussi il luy

grande pesanteur... Mais dans l'exemple que vous apportez du tuyau DR, fermé par le bout D par où il est attaché au plancher AB, le vif-argent que vous supposez estre dedans ne peut commencer à descendre tout à la fois, que la laine qui est vers R n'aille vers 0, et celle qui est vers O n'aille vers P et vers Q, et ainsi qu'il n'enlevé toute cette laine qui est en la ligne OPQ [ligne verticale menée de bas en haut], laquelle prise toute ensemble est fort pesante. Car le tuyau estant fermé par le haut, il n'y peut entrer de laine, je veux dire d'air, en la place du vif-argent, lorsqu'il descend, . . Et afin que vous ne vous trompiez pas, il ne faut pas croire que ce vif-argent ne puisse estre séparé du plancher par aucune force, mais seulement qu'il y faut autant de force qu'il en est besoin pour enlever tout l'air qui est de puis là jusqu'au-dessus des nues, » (Lettre du 2 juin i63i. Ed. Adam et Tannery, t, I, p. 2o5.) — La lettre à Mersenne du 11 octobre i638 (Jbid., t. II, p. 382), sur les Dialogues de Galilée est l'occasion de nou- velles explications: « P. 12. Il donne deux causes de ce que les par- ties d'un cors continu s'entretienent : l'une est la crainte du vuide, l'autre certaine cole ou liaison qui les tient, ce qu'il explique encore après par le vuide ; et je les croy toutes deux très fausses. Ce qu'il attribue au vuide (pag. i3) ne se doit point attribuer qu'à la pesan- teur de l'air... Et (p. 17) l'observation que les pompes ne tirent point l'eau à plus de 18 brasses de hauteur ne se doit point rappor- ter au vuide, mais ou à la matière des pompes ou à celle de l'eau mesme qui s'escoule entre la pompe et le tuyau, plutost que de s'es- lever plus haut. » Descartes complète enfin sa pensée quelques semai- nes plus tard : « L'eau ne demeure pas dans ces vaisseaux percez, dont on use pour arroser les jardins, crainte du vuide (car, comme vous dittes fort bien, la Matière subtile pourroit aisément entrer en sa place), mais à cause de la pesanteur de l'air : car si elle sortoit, et qu'il ne rentrast que de la Matière subtile en sa place dans le va2e, il faudroit qu'elle fist hausser tout le cors de l'air jusques à sa plus haute superficie » (Lettre à Mersenne de décembre i638, ihid., t, II p. 465). Ces textes montrent à merveille que Descartes s'était fait l'idée la plus nette de la pression atmosphérique ; mais en même temps qu'il liait indissolublement celte idée à la notion métaphysique de la matière subtile. Voir un passage très curieux de la lettre à Mersenne, du 3i janvier 16^8, infra, p, 3oo-3oi,

I, « U y a des causes naturelles qui s'empeschent les unes les autres ; mais les effects se font suivant la plus forte et la plus impor- tante, comme l'eau ne monte point parce qu'elle est plus pesante que l'air; mais, estant attirée dans une pompe, elle monte ou par la crainte

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