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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/61

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LETTRE DE JAGQUELLNE PASCAL A MADAME PERIER 4o

J'avois oublié à te dire que M*^ Descartes, fasché d'avoir este si peu céans, promit à mon frère de le venir revoir le lendemain à 8 heures. M"" Dalibray, à qui on Tavoit dit le soir, s'y voulut trouver, et fit ce qu'il put pour y mener M"" le Pailleur, que mon frère avoit prié d'avertir de sa part ; mais il fut trop paresseux pour y venir ; ils dévoient diner, M. Dalibray et luy, assez proche d'icy. M"" Descartes venoit icy en partie pour consulter le mal de mon frère, sur quoy il ne luy dit pourtant pas grand'chose ; seulement il luy conseilla de se tenir tous les jours au Ut jusques à ce qu'il fust las d'y estre, et de prendre force bouillons. Ils parlèrent de bien d'autres choses, car il y fut jusques à ii heures; mais je ne sau- rois qu'en dire, car pour hier je n'y estois pas, et je ne le pus savoir, car nous fusmes embarrassez toute la jour- née à luy faire prendre son premier bain. Il trouva que cela luy faisoit un peu mal à la teste, mais c'est qu'il le prit trop chaud ; et je crois que la saignée au pied de dimanche au soir luy fit du bien, car lundy il parla fort toute la journée, le matin à M. Descartes, et l'aprez-dinée à M. Roberval, contre qui il disputa longtemps touchant beaucoup de choses qui appartiennent autant à la Théo- logie qu'à la Physique^; et cependant il n'en eut point d'autre mal que de suer beaucoup la nuit et de fort peu dormir; mais il n'en eut point les maux de teste que

��De cette vérité tu nous rends une preuve,

Ta claire expérience où le vuide se treuve,

Nous convainc, cher Pascal, par des moyens puissans,

Et nous fait dire à tous : Insensé qui se fie

A la Philosophie

Sans le secours des sens.

I. Au rapport de Baillet, ce sera précisément pour des motifs de religion que Pascal, vers 1649, se montrera beaucoup moins empressé

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