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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/586

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566 ŒUVRES

Port-Royal: Biaise Pascal, qui possède désormais toute la fortune, ne devra plus rien à sa sœur du jour de « sa profession en religion » * .

Une telle clause est si contraire à l'intérêt de Jaqueline qu'on se demande dans quel sentiment ou sous quelle pres- sion Jaqueline a pu y consentir, au moment même où elle va faire une courte retraite à Port-Royal avec l'espoir qu'elle obtiendrait d'y rester définitivement comme M. de Rebours le voulait^. Peut-être, sans oser discuter en ce moment avec son frère, avait-elle pensé qu'il reviendrait de lui-même aux sentiments qui avaient été les siens en 1647 ^* ^^ 1648, qu'il n'irait jamais jusqu'à l'exécution stricte d'une clause qui était d'une injustice si évidente. En tout cas, la tension entre eux est constante et elle est douloureuse. Au mois de novembre, vers le 10, la mère Agnès écrit à la sœur Marie Dorothée de l'Incarnation le Conte : « Mademoiselle Pascal supplie très humblement qu'on prie Dieu pour sa délivrance, et la conversion de Monsieur son frère et de cette demoiselle qui l'a tant persécutée ^ : ce sont les trois choses qu'elle désire le plus*. »

��1 . II est à remarquer que dans la donation faite à Louise Deffaud il est expressément stipulé que « la profession de religieuse » ne sera pas un obstacle à la continuation de la rente viagère (p. 670).

2. Vide snpra, t. I, p. 162, n, 2.

3. Vide supra, t. l, p. i5/i.

4. LelLres, Paris, i858, t. I, p. 206.

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