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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/580

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560 ŒUVRES

pour la nostre, par* la prévoyance des besoins et des utilitez que nous aurions de sa présence.

C'est moy qui y suis le plus intéressé. Si je l'eusse perdu il y a six ans, je me serois perdu, et quoy- que je croye en avoir à présent une nécessité moins absolue, je sais qu'il m'auroit esté encore nécessaire dix ans, et utile toute ma vie. Mais nous devons espérer que Dieu l'ayant ordonné en tel temps, en tel lieu, et^ en telle manière, sans doute c'est le plus expédient pour sa gloire et pour nostre salut.

Quelque estrange que cela paroisse, je crois qu'on en doit estimer de la sorte en tous les evenemens, et que, quelque sinistres qu'ils nous paroissent, nous devons espérer que Dieu en ^ tirera la source de notre joye si nous luy en remettons la conduite.

Nous connoissons des personnes de condition qui ont appréhendé des morts domestiques que Dieu a peut estre destournées à leur prière, qui ont esté cause ou occasion de tant de misères, qu'il seroit à souhaiter qu'ils n'eussent pas esté exaucés.

L'homme est assurément trop infirme pour pou- voir juger sainement de la suitte des choses futures. Espérons donc en Dieu, et ne nous fatiguons pas par des prévoyances indiscrettes et téméraires. Remettons nous à Dieu pour la conduite de nos vies, et que le desplaisir ne soit pas dominant en nous.

��1 . La prévoyance, leçon de G, au lieu du pluriel.

2. Et dans G seulement.

3. G retirera.

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