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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/570

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5S0 ŒUVRES

souverain vivant : et corrigeons^ ainsy, par l'atten- tion à ces veritez, les sentiments d'erreur qui sont si empreints en nous mesmes, et ces mouvemens d'horreur qui sont si naturels à l'homme.

Pour dompter plus fortement cette horreur, il faut en bien comprendre l'origine ; et pour vous le toucher en peu de mots, je suis obligé de vous dire en gênerai quelle est la source de tous les vices et de tous les péchés. C'est ce que j'ay appris de deux très grands et très saints personnages. La vérité ^ qui ouvre ce mystère est que^ Dieu a créé l'homme avec deux amours^, l'un pour Dieu, l'autre pour soy mesme ; mais avec cette loy, que l'amour pour Dieu seroit infiny, c'est à dire sans aucune autre fin que Dieu mesme, et que l'amour^ pour soy mesme seroit fîny et rapportant à Dieu.

L'homme en cet estât non seulement s'aimoit sans péché, mais^ ne pouvoit pas ne^ point s'aimer sans péché.

Depuis, le péché estant arrivé, l'homme a perdu

��1. F G aussi.

2. F qui couvre.

3. C'est ici seulement que Port-Royal fait commencer ce para- graphe des Pensées sur la mort. C'est l'allusion à Jansénius qui a été sans doute la cause de la suppression.

4. Le principe de la doctrine est dans la formule de la Cité de Dieu, XTV, 28 : « Secernunt civitates duas, amores duo, terrenam scilicet amor sut usque ad contemptum Dei, cœlestem vero amor Dei usque ad contemp- tum sui. « Voir le commentaire de Jansénius dans l'Auj^usimus ; de Statu naturse lapsse, II, 26.

5. G de.

6. 1670 : (c il ».

7. G pas.

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