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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/553

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INTRODUCTION

��Etienne Pascal mourut le 24 septembre i65i. Dès le surlendemain la mère Agnès envoyait à Jacqueline la lettre suivante ' :

��A MADEMOISELLE, MADEMOISELLE PASCAL, A PARIS

De Port-Royal, ce 26 sept. « Ma ires chère sœur, j'aurois cru vous surcharger d'une lettre, si je l'avois faitte en mesme temps que vous receviez les visittes de Monsieur Singlin ; maintenant que je vousveoy seule, je vous asseureray, par celle cy, que vous nous avez tousjours esté présente dans la douleur que vous avez souf- ferte, et que vous souffrez encore d'une sy grande séparation dans laquelle on vous doit permettre tous les ressentiments qui ne vont point à l'excez, et qui n'empeschent point le parfait hommage que vous devez à Dieu dans cette rencontre. Je croy que c'est votre disposition, ma très chère sœur, et que vous vous serez souvenue du mystère de la mort de Jésus, qui vous est arrivé en partage par une providence particulière de Dieu, aJ&n qu'ayant envisagé tant de fois cette mort précieuse, qui ne devoit jamais arriver en la per- sonne de celuy qui donne la vie à toutes choses, vous fussiez moins surprise de voir mourir ceux qui sont obligez à la mort, et par la nature et par la conformité qu'ils devroient désirer d'avoir à celuy qui est mort pour eux. Je croy, ma chère sœur, que vous ne cherchez que des consola-

��I. L'original est dans les papiers de Faugère (Bibliothèque Maza- B. 455i)

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