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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/542

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ŒUVRES

comme nous l’avons dit dans l’Introduction, que quand le temps s’embellit dans la basse region, neanmoins l’Air, consideré dans toutes ses regions, s’appesantist, et qu’encore que l’Air se charge dans la basse region, il se décharge quelquefois dans les autres.

6. Mais il est aussi tres remarquable que, quand il arrive en un mesme temps que l’Air devienne nuageux et que le mercure baisse, on peut s’assurer que les nuées qui sont dans la basse region ont peu d’épesseur, et qu’elles se dissiperont bien tost, et que le beau temps est proche.

Et lors qu’au contraire il arrive en un mesme temps que le temps est serain, et que neanmoins le mercure est haut, on peut s’assurer qu’il y a des vapeurs en quantité éparses, et qui ne paroissent pas, et qui formeront bien tost quelque pluye.

Et lorsqu’on voit ensemble le mercure bas et le temps serain, on peut assurer que le beau temps durera, parce que l’Air est peu chargé.

Et enfin lors qu’on voit ensemble l’Air chargé et le mercure haut, on peut s’assurer que le mauvais temps durera, parce qu’assurement l’Air est beaucoup chargé.

Ce n’est pas qu’un vent survenant ne puisse frustrer ces conjectures ; mais pour l’ordinaire elles reüssissent, parce que la hauteur du mercure suspendu estant un effet de la charge presente de l’Air, elle en est aussi la marque tres certaine, et sans comparaison plus certaine que le Thermometre, ou tout autre artifice.