Ouvrir le menu principal

Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/534

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
514
ŒUVRES

en haut, ouvert par en bas, recourbé par le bout ouvert, plein de mercure, tel que nous l’avons figuré plusieurs fois, où le mercure demeure suspendu à une certaine hauteur : soit ce tuyau placé à demeure dans une chambre, en un lieu où l’on puisse le voir commodement et où il ne puisse estre offensé. Soit collée une bande de papier divisée par poulces et par lignes le long du tuyau, afin qu’on puisse remarquer la division à laquelle le mercure se trouve suspendu, comme on fait aux Thermometres.

On verra que dans Dieppe, quand le temps est le plus chargé, le mercure sera à la hauteur de 28. poulces 4. lignes, à compter depuis le mercure du bout recourbé.

Et quand le temps se déchargera, on verra le mercure baisser, peut estre de 4. lignes.

Le lendemain, on le verra peut estre baissé de 10. lignes ; quelquefois une heure après il sera remonté de 10. lignes ; quelques temps apres on le verra ou haussé ou baissé, suivant que le temps sera chargé ou déchargé.

Et depuis l’un à l’autre de ses periodes, on trouvera 18. lignes de difference, c’est-à-dire qu’il sera quelquefois à la hauteur de 28. poulces 4. lignes, et quelquefois à la hauteur de 26. poulces 10. lignes.

Cette experience s’appelle l’experience continuelle, à cause qu’on l’observe, si l’on veut, continuellement, et qu’on trouve le mercure à presque autant de divers points qu’il y a de differents temps où on l’observe.