Ouvrir le menu principal

Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/518

Cette page n’a pas encore été corrigée


498 ŒUVRES

duire des nouveautez, ny de vouloir vous attribuer la gloire des inventions d'autruy ; et m'en estant voulu mieux asseurer par les tesmoignages de ceux qui y estoient pre- sens, j'ay encore prié les Pères Dorane et Meghemont de l'ordre des lacobins qui estoient presens à cette dispute de rappeler leur mémoire la dessus, et ils m'ont asseuré qu'ils n'avoient nullement remarqué qu'il s'y fust rien dit à votre desavantage, sinon que ce Père se pou voit bien passer de faire aucune mention de vous en cette dé- clamation, qui n'estoit pas une chose assez sérieuse pour vous y nommer ou designer. De quoy je vous puis asseu- rer, Monsieur : c'est que le discours de cet Ecolier ou l'auto- rité de ce Régent n'estoient point capables de donner au- cune impression à ceux qui les escoutoient qui peust faire aucun préjudice à l'estime que fait de vous toute la com- pagnie qui estoit lors présente ; et je crois que les paroles qui y furent dites sont plus dignes de mépris, que d'estre relevées avec le soin qu'il vous plaist d'y apporter. C'est pour cela que j'ay fait mes efforts auprès de M. le Con- seiller Perier pour l'empescher de mettre sous presse la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'escrire, afïin de ne point donner ouverture à une contestation où ce bon Père pourroit tousjours tirer cet avantage de vostre victoire, quod cum victus erit, tecum certasse feretur. Neantmoins j'ay trouvé M' Perier si exact et si ponctuel à suivre les ordres que M*" votre Père et vous luy donnez, que je n'ay peu obtenir cette grâce de luy, quoy que je le priasse seulement de différer jusques à vostre réponse, après laquelle il eust eu liberté de faire ce qui luy eust plu, en cas que vous persévérassiez dans la mesme volonté ; et s'il n'estoit question que de rendre votre justification aussi publique (ainsi que vous tesmoignez le souhaitter) que cette déclamation, je vous puis asseurer, iMoasieur.

�� �