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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/502

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482 ŒUVRES

C'est ainsi que j'en ay usé à Paris, et en tous les lieux où je me suis trouvé, et particulièrement en Au- vergne, oii jel'ay publiée, soit dans les discours parti- culiers, soit dans nos conferances publiques, comme tous ces Messieurs, avec qui j'avois l'honneur de con- verser plus familièrement, le peuvent tesmoigner.

Mais pour vous en esclaircir plus à fonds, permet- tez moy, s'il vous plaist, Monsieur, de vous dire comment la chose s'est passée dés son commance- ment. C'est une histoire que plusieurs seront peut estre bien aise de sçavoir. En l'année i644, on escri vit d'Italie au R. P. Mersenne, Minyme à Paris, que cette Expérience dont il s'agist y avoist esté faite, sans spécifier en aucune sorte qui en estoit l'Auteur, si bien que cela demeura incogneu entre nous.

Le Père Mersenne essaya de la repeter à Paris, et n'y ayant pas entièrement réussi, il la quitta et n'y pensa plus.

Depuis, ayant esté à Rome pour d'autres affaires, et s'estant exactement informé du moyen de l'exé- cuter, il en revient plainement instruit.

Ces nouvelles nous ayant esté en l'année i6/i6. portées à Rouen, où j'estois alors, nous yfismescette Expérience d'Itahe sur les Mémoires du P. Mersenne, laquelle ayant très bien- réussi, jelarepetay plusieurs fois; et par cette fréquente répétition, m'estant asseuré de sa vérité, j'en tiray des conséquences, pour la preuve desquelles je fis de nouvelles Expe-

I. Vide supra, p. 56, note 2.

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