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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/501

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CORRESPONDANCE DE PASCAL ET DE M. DE RIBEYRE 481

fourny, je vous conjure de vouloir donner au mien l'espace d'un quart d'heure seulement, et que vous ayez agréable que cette Lettre que je vous escris soit randuë aussi publique que les Thèses que vous avez receuës.

Pour vous esclaircir pleinement de tout ce des- melé, vous remarquerez, s'il vous plaist, Monsieur, que ce hon Père vous a fait entendre deux choses : l'une, que je m'estois dit l'Auteur de l'expérience de Toricelii ; l'autre, que je ne l'avois faite en Nor- mandie qu'après qu'elle avoit esté faite en Pologne.

Si ce bon Père avoit dessein de m'imposer quel- que chose, il pou voit avoir fait un choix plus heu- reux. Car il y a de certaines calomnies, dont il est difficile de prouver la fausseté, au lieu qu'il se ren- contre icy mal 'heureusement pour luy, que j'ay en main de quoy ruiner si certainement tout ce qu'il a avancé, que vous ne pourrez, sans un extrême estonnement, considérer d'une mesme veuë la har- diesse avec laquelle il a débité ses suppositions, et la certitude que je vous donneray du contraire.

C'est ce que vous verrez sur l'un et sur l'autre de ces deuxpoincts, s'il vous plaist d'en prendre la patience.

Le premier poinct donc est qu'il m'accuse de m'estre fait Auteur de l'Expérience de Toricelh. Pour vous satisfaire sur ce poinct, il sufTiroit, Mon- sieur, de vous dire en un mot, que toutes les fois que l'occasion s'en est présentée, je n'ay jamais manqué de dire que cette Expérience est venue d'itahe, et qu'elle est de l'invention de Toricelii.

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