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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/500

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veu seulement, avec qui je n'ay rien du tout de com- mun, ny directement, ny indirectement, neuf ou dix mois après que j'ay quitté la Province, quand j'en suis esloigné de cent lieues, et lors que je ne pense à rien moins, m'ayt choisi pour le subjet de son entretien.

Je sçay bien que ces sortes de contentions sont si peu importantes, qu'elles ne méritent pas une sé- rieuse reflection, et neantmoins, Monsieur, si vous prenez la peine de considérer toutes les circonstan- ces de ce procédé, dont je n'exprime pas le detal, vous jugerez sans doute qu'il est capable d'exciter quelque ressentiment. Car je présume qu'il est dif- ficile que ceux qui ont esté presens à cet Acte, ayenfc refusé de croire une chose de faict, prononcée publi- quement, composée par un Père Jésuite qu'on ne peut soubçonner d'aucune animosité contre moy. Toutes ces particularitez rendent cette supposition très croyable. Mais comme j'aurois un grand desplaisir que vous, Monsieur, que j'honore particulièrement^ eussiez de moy cette pensée, je m'adresse à vous plustost qu'à tout autre, pour vous esclaircir de la vérité, pour deux raisons : l'une pour le mesme respect que je vous porte, l'autre, parce que vous avez esté protecteur de cet Acte en tant qu'il vous a esté dédié, et que partant c'est à vous, Monsieur, à réprimer le dessein de ceux qui ont entrepris d'y blesser la vérité.

Ainsi, Monsieur, comme vous avez donné une après dinée entière à l'entretien que ce Père vous a

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