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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/491

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XLVI

Jésus n’est pas oisif dans la mort, car il va délivrer les âmes des saints Pères.

Cela m’apprend qu’il ne faut pas que ma mort au monde me fasse mener une vie oisive ; mais que je dois travailler sans cesse à des œuvres de charité, surtout spirituelles, et autant envers moy qu’envers le prochain, travaillant à rendre la liberté à mes bons desirs.

XLVII

Jésus n’est pas entré triomphant dans le ciel, au moment que la mort l’a séparé du monde ; mais il a attendu plusieurs jours après.

Cela m’apprend à souffrir en patience la privation des consolations célestes, où les personnes mesmes qui sont mortes au monde se rencontrent souvent, et attendre avec quiétude le temps ordonné de Dieu pour me faire entrer dans la possession sensible de la grâce, qui est la gloire commencée, et ensuite l'heure arrestée de toute éternité pour me donner entrée dans la gloire consommée.

XLVIII

Jésus est mort, et en mourant il n’a point laissé les siens orphelins ; mais il leur a envoyé son Saint-Esprit 1,

1. Jean. XX, 22 ; cf. Matth. XXVIII, 20.