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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/490

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470 ŒUVRES

choses excepté de la Divinité, et ils ont esté unis d'une manière bien plus admirable, en ce qu'il est bien plus difficile de concevoir qu'un corps mortel soit uni au Dieu vivant, et que la mesme Divinité soit unie personnelle- ment à deux choses entièrement séparées.

J'apprends de là qu'il faut que ma mort au monde accroisse et augmente mon union avec Dieu, et me rem- plisse d'une plus grande charité pour luy et pour le pro- chain.

XLIV

La mort de Jésus n'a pas destruit son corps, qui est demeuré entier dans le sépulcre ; car Dieu n'a point souf- fert que son saint corps ait senti la corruption, et la mort n'a rien fait paroistre de nouveau que le repos au lieu du mouvement et de l'agitation.

Cela m'apprend que pour mourir au siècle, il n'est pas- question de destruire et de ruiner son corps ; mais seule- ment de faire cesser le trouble et les agitations du cœur par un saint repos establi sur la ruine du principe de ces agitations, qui n'est autre que les passions.

XLV

Tant que Jésus demeure mort, son saint corps demeure toujours dans la terre ; mais en sorte néanmoins qu'il est séparé de tout le commerce des hommes.

Gela m'apprend qu'encore que je sois morte au monde, je ne dois pas laisser de demeurer dans la terre ; mais que je dois vivre dans l'esloignement de tout le commerce du monde.

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