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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/484

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464 OEUVRES

��XXIX

��Lorsque Jésus est sur la croix environné du peuple, je luy vois les mains pleines de clous qui l'y attachent ; et il les a vuides lorsque les siens l'ont osté de la croix, et aussi lorsqu'il est seul dans le sépulcre.

Cela m'apprend que si la divine Providence me donne en maniement des choses temporelles, je m'y dois sou- mettre, quoy que ce soit des liens qui me tiennent attachée aux choses de la terre ; et qu'il faut en mesme temps que l'aversion que j'auray pour toutes ces attaches fasse qu'elles me tiennent lieu des clous de mon Sauveur, qui luy fai- soient de cruelles playes en mesme temps qu'ils tenoient son corps attaché à la croix, et par la croix à la terre qui la soutenoit.

Et j'apprends du temps où il a eu les mains vuides, qu'en quelque estât que je sois, de commerce avec les hommes ou de retraite, je puisse avoir les mains vuides de tout maniement et de toute affaire, s'il plaist à Dieu de m'en descharger.

XXX

On revest Jesus-Christ, après sa mort, d'ornements convenables aux morts ^

J'apprends de là à tesmoigner par mes habits que je suis morte pour le monde.

XXXI

Encore que Jésus Christ fust revestu des ornements

I. Matth. XXVII, 59 : « Et accepte corpore, Joseph involvit illud in sindone munda. »

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