Ouvrir le menu principal

Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/481

Cette page n’a pas encore été corrigée


ÉCRIT DE JACQUELINE PASCAL 461

estoient autant de langues et de voix qui, par un langage, très intelligible, autant qu'elles en estoient capables sans sortir de leur estât, publioient les grandeurs de Dieu qui avoit exigé une telle satisfaction, et reprochoient aux hommes les peschez qui avoient eu besoin d'un telle ré- paration et preschoient sans cesse aux chrestiens la gran- deur de leurs devoirs ; et parmy tout cela sa bouche a effectivement gardé le silence.

Cela m'apprend qu'encore que je ne dois point me taire sur toutes ces choses, autant que je puis, dans la condition où il a plu à Dieu de me placer ; je dois neant- moins les publier plus par mes actions que par mes pa- roles et que, me taisant de paroles et de voix, mes actions ne se doivent pas taire.

XXV

Jésus mort, quoy que sans mouvement, est pourtant agité quand il le faut : il est détaché de la croix, et de là porté dans le tombeau ; mais il n'a point de part à tout cela, ne le faisant point par luy mesme.

Cela m'apprend que je dois agir toutes les fois qu'il le faudra ; mais que je ne dois jamais faire aucune action par mon propre esprit.

XXVI

Jésus est encore quelque temps attaché à la croix après la mort, et lors mesme qu'il en est descendu, son corps ne laisse pas d'estre environné de toutes ses playes ; il est toujours dans la pauvreté et dans l'opprobre, et par con- séquent dans la privation des biens contraires à ces maux, en sorte que si, par un miracle qu'il n'a pas voulu faire son ame fust retournée dans ce corps pour le rendie

�� �