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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/475

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ÉCRIT DE JACQUELINE PASCAL

la chair et du sang, et de l’amitié humaine ; c’est à dire à oublier tout ce qui ne regarde point le salut de mes amis, ne plus m’empresser dans leurs affaires temporelles.

VII

Jesus est mort au regard de tout le monde ; en sorte que le monde entier est privé de sa présence visible et du fruit de ses exhortations, y laissant seulement les disciples, qui estoient des copies de sa sainte vie, qu’ils imitoient.

Cela m’apprend que lorsqu’on est mort au monde ; il ne faut plus s’y produire, et qu’il faut se contenter de fructifier par le bon exemple et la bonne odeur que cette vie de mort pourra repandre.

VIII

Jesus n’a pas attendu à mourir de vieillesse, mais a comme prévenu la mort en mourant dans la plus forte jeunesse.

Cela m’apprend à ne pas attendre la défaillance de ma vie pour mourir au monde, mais à prévenir ma mort reelle par la mystique.

IX

Jesus est mort de mort violente, et non pas naturelle.

J’apprends de là qu’encore que la nature répugne à cette mort violente, et que toutes les choses humaines qui sont en moy me portent à la fuir, je dois faire violence à tout cela pour mourir vrayment au monde.