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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/469

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INTRODUCTION

L’Écrit sur le mystère de Jésus-Christ fut suggéré à Jacqueline Pascal par le billet que la Mère Agnès lui envoya de Port Royal. Nous donnons ci-dessous les lettres écrites par la Mère Agnès à Jacqueline Pascal pendant les premiers mois de l'année 1651 :

I. Mars 1651.

« L'estat de suspension ou sont les personnes qui sont rete- nues dans le monde malgré elles dans le désir qu'elles ont de n'estre qu'à Dieu ressemble à celuy des âmes qui, estant sorties de leurs corps, ne peuvent plus aymer ni désirer que Dieu, et qui pourtant ne le possèdent pas encore ; c'est pour quoy je croy que les prières pour les morts sont fort agréa- bles à Dieu.

« Je ne vous dis rien de nostre mere[1], parce qu'elle est aussy véritablement vostre que si vous y estiez desjà. C'est l'avan- tage qu'il y a que tout est réel devant Dieu de ce qui est dans le cœur de ceux qui l'ayment. Soyons de ce nombre, ma chère sœur, et ayons gravé dans notre esprit les paroles que notre desfunte[2] avoit à la bouche peu de temps avant que d'expirer : « Heureux qui n'a que Dieu, qui de Dieu se con- tente ! »

II. 1er avril 165L

« Je ne suis pas fâchée que le monde tente cette personne ; il fait ce que la Maison où elle désire entrer seroit obligée de

  1. La Mère Angélique, qui était alors abbesse de Port-Royal des Champs.
  2. La Mère Catherine de Saint-Jean Arnauld : Madame Le Maî- tre, l'aînée des filles de l'avocat Antoine Arnauld, et la mère de M, de Saci. Elle était morte le 21 janvier 1651.