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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/463

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OBSERVATIONS FAITES PAR MONSIEUR PERIER

exacte en toutes choses[1] : je le priay de prendre la peine d’y faire les mesmes Observations que je faisois à Clermont, et de m’en envoyer ses feüilles tous les mois ; ce qu’il fit, depuis le premier Aoust 1649[2] jusques à la fin de mars 1651, auquel temps je finis aussi.

Et je me donnay l’honneur d’en écrire aussi à Monsieur Chanut, dont le mérite et la réputation sont connus par toute l’Europe, qui estoit pour lors Ambassadeur en Suede, lequel me fit la faveur d’aggreer ma priere, et de m’envoyer pareillement les observations que luy et Monsieur Descartes firent à Stokolm, depuis le 21. Octobre 1649 jusques au 24. Septembre 1650, comme je luy envoyois aussi les miennes.

Mais je ne peus faire aucun autre profit de toutes ces Observations, confrontées les unes aux autres, sinon de me confirmer ce que j’avois appris par les miennes seules, qui est que d’ordinaire et communement le vif argent se hausse en temps froid ou en temps couvert et humide, et qu’il s’abaisse en temps chaud et sec, et en temps de pluye ou de neige ; mais que cela n’arrive pas toûjours, et qu’il arrive quelquefois tout au contraire que le vif-argent se hausse le temps devenant plus chaud, et s’abaisse le temps devenant plus froid ; et de mesme qu’il s’abaisse quand le temps devient plus couvert et plus humide, et se hausse quand il devient plus sec ou plus pluvieux et neigeux ; et qu’ainsi on ne sçauroit faire de regle generale.

  1. Peut-être ce médecin de Clermont, de Laporte, qui avait accompagné Perier dans l’expérience du Puy-de-Dôme : il était à Paris pendant l’année 1649 et en correspondance avec Perier. (Voir ci-dessus, t. I, p. 157.)
  2. Pascal était depuis le mois de mai 1649 à Clermont, où il séjourna jusqu’en novembre 1650.