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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/434

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414 ŒUVRES

observer depuis le 6 de ce mois, et considérant que si ce que vous m'écrivez est vray, toutes nos Observations seroient vaines, je ne m'en suis pas voulu tenir à cette maxime, que vostre expérience me donnoit, que la tem- pérature et mouvement de l'Air ne causoient aucun changement régulier. J'ay adjoûté à mes Observations du chaud et du froid, sec et humide, trouble et serain, celle des vents regnans, qu'il me semble que feu Mon- sieur Descartes n'avoit pas observé. Or, je trouve en vingt-deux jours d'expérience que j'ay fait pendant des temps bigearres * et changeans, comme cette saison est tou- jours inégale en ce païs, que les vents qui régnent causent une augmentation ou diminution uniforme, et quasi régu- lière, du mercure dans son tuyau ; ce que je ne puis croire qui ait échappé à des observateurs exacts comme vous estes, et je croirois plûtost que vous vouliez exercer l'esprit de Monsieur Descartes, en luy celant cette particu- larité. Je continueray jusques à ce que je m'en lasse, et vous envoyeray la copie de mon Journal si vous la desi- rez, où vous verrez fidellement ce qui s'est passé dans mon Cabinet. Je vous supplieray aussi de me donner l'histoire de votre Observation, sans y obmettre les vents, car c'est là où je trouve icy la cause continuelle des varietez en la hauteur du mercure dans le tuyau. Peut-estre que les Ex- périences suivantes détruiront cette première conjecture que j'ay, et dont je vous faits part, sans avoir la pensée de vous dire une chose nouvelle. Je souhaitte de tout mon cœur, que Monsieur Pascal, votre beau-frere, qui a le temps, et un esprit merveilleux, trouve en cette matière

��I. Bigearres, forme archaïque pour bigarré. (Voir les textes d'Oli- vier de Serres apud Littré). Bossut donne bizarres, par erreur.

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