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LETTRES DE JACQUELINE PASCAL SO,*^

raine est aux environs de Chaslons', et c'est ce qui sans doute fera tenir les Princes plus fermes, car leurs troupes d'ailleurs ne sont pas si fortes que celles de l'autre party. Ils attendent encore la déclaration de Paris et du Parlement en leur faveur, et je veois bien qu'on nous précipite là dedans, et que cette proposition qui fut hier advancée de faire un Régent, n'a esté faite qu'afm de la faire passer en peu de jours. Avec tout cela, c'est une chose horrible que en cet estât déplorable on veoie icy le monde dans une stupidité prodigieuse- et sans nulle conversion de mœurs. On me disoit que jeudy dernier il y avoit plus de 2 000 carrosses au Cours. N'est-ce pas une marque d'une réprobation toute visible ? Heureux^ ceux qui ont quitté le monde, et* ne sont point spectateurs de sa folie ! Il n'y a que Dieu qui nous puisse tirer des malheurs où nous sommes en- gagez. Si je ne craignois que vous ne disiez de ma lettre ce que j'ay veu que M' le duc de Luynes^ dit des entre- ment. Le duc d'Orléans, d'accord avec les présidents Mole et de Mesracs, trouva un moyen terme, et la paix fut conclue le 11 mars,

1. Vers Laon, d'après le Journal du Parlement (loco citato). D'autre part le Courrier Burlesque, publié par Moreau, dans le Choix des Ma- zarinades (t. II, i853, p. i4o) rapporte le bruit

que « Le duc Charles en Champagne, Prez d'Avenne, se promenoit Et forces troupes qu'il menoit ».

On parlait également à cette époque de la défection de Turenne {ihid., p. i^o).

2. Dans le manuscrit de M. Gazier, la phrase est brusquement interrompue ici : ... on voit icy le monde dans une stupidité prodigieuse : nulle conversion de mœurs.

3. G : sont. li. G : qui.

5. Le duc de Luynes, né en 1620, était alors lieutenant général des troupes de la Fronde. (Mémoires de la Rochefoucauld, éd. Hachette, t. II, p. 121). Voir l'allusion du Courrier Burlesque au régiment

«... fait de Jansénistes,

D'illuminez et d'Arnaudistes » (Moreau, t. II, p. i^o).

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