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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/386

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ŒUVRES

toit facile d’esprouver en cette ville, je fis l’experience ordinaire du vuide au haut et au bas de la tour S. Jacques de la Boucherie, haute de 24 à 25 toises : je trouvay plus de deux lignes de difference à la hauteur du vif argent ; et en suitte, je la fis dans une maison particuliere, haute de 90 marches, où je trouvay tres sensiblement demy ligne de difference ; ce qui se rapporte parfaitement au contenu en la relation de Monsieur Perier.

Tous les curieux le pourront esprouver eux-mesmes, quand il leur plaira.

De cette experience se tirent beaucoup de consequences, comme :

Le moyen de cognoistre si deux lieux sont en mesme niveau, c’est à dire esgalement distans du centre de la terre, ou lequel des deux est le plus eslevé, si esloignez qu’ils soient l’un de l’autre, quand mesmes ils seroient Antipodes ; ce qui seroit comme impossible par tout autre moyen.

Le peu de certitude qui se trouve au Thermomettre pour marquer les degrez de chaleur (contre le sentiment commun), et que son eau hausse par fois lors que la chaleur augmente, et que par fois elle baisse lors que la chaleur diminuë, bien que tousjours le Thermomettre soit demeuré au mesme lieu.

L’inesgalité de la pression de l’air qui, en mesme degré de chaleur, se trouve tousjours beaucoup plus pressé dans les lieux les plus bas.

Toutes ces conséquences seront déduites au long