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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/382

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ŒUVRES

j’avois employé la maxime de l’horreur du Vuide, parce qu’elle estoit universellement receuë, et que je n’avois point encores de preuves convaincantes du contraire, il me resta quelques difficultez, qui me firent grandement défier de la vérité de cette maxime, pour l’éclaircissement desquelles je meditay des lors l’experience dont je faits voir icy le recit, qui me pouvoit donner une parfaite cognoissance de ce que j’en devois croire. Je l’ay nommée la grande expérience de l’Equilibre des liqueurs, parce qu’elle est la plus demonstrative de toutes celles qui peuvent estre faites sur ce sujet, en ce qu’elle fait voir l’Equilibre de l’air avec le vif-argent, qui sont, l’un la plus legere, l’autre la plus pesante de toutes les liqueurs qui sont connuës dans la nature. Mais pource qu’il estoit impossible de la faire en cette ville de Paris, qu’il n’y a que tres peu de lieux en France propres pour cet effect, et que la ville de Clermont en Auvergne est un des plus commodes, je priay Monsieur Perier, Conseiller en la Cour des Aydes d’Auvergne, mon beau-frere, de prendre la peine de l’y faire. On verra quelles estoient mes difficultez, et quelle est cette experience, par cette lettre que je luy en escrivis alors.


Copie de la Lettre de Monsieur Pascal le Jeune à Monsieur Perier, du 15. Novembre 1647.


Monsieur Perier receut cette lettre à Moulins[1], où

  1. M. Jaloustre a relevé l’absence de Perier, au Conseil de ville de