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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/364

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348 OEUVRES

faction, au préjudice mesme du repos de toute ma vie, vous connoistrez, par la promptitude avec laquelle j'y courray, que c'est par reconnoissance et par affection plustostque par le devoir, et que, quand je vousaccorday ce que vous me demandiez, c'estoit par pure affection à votre service (selon Dieu), lequel vous me dites estre la cause pour quoy vous me reteniez auprès de vous. J'es- père en Dieu qu'il vous fera connoistre quelque jour com- bien plus je vous pourrai servir auprès de Luy qu'au- près de vous. Mais en attendant ce temps, je le prie de me conserver toute la vie dans les sentiments où j'ay tous- jours esté jusqu'icy, d'attendre avec patience vostre A^olonté, après que j'auray tasché de découvrir la Sienne, {pour le regard du lieu que j'ay dans l'esprit), dans ma petite retraitte, sur le sujet de laquelle j'attendray votre response avec l'impatience que vous pouvez vous imagi- ner, mais avec une soumission d'esprit tout entière, quoy que avec un désir très grand de l'obtenir. Et quel- que chose qu'elle contienne, elle ne changera en rien la passion qu'elle trouvera en moy, et qui ne me quitte point, de vous tesmoigner de combien je suis, plus vérita- blement par l'affection du cœur que par la nécessité de la nature.

Monsieur mon père,

Yostre très humble et très obéissante fille et servante,

J. Pascal.

M'" Perier, mon trere, et ma fidelle vous baisent très humblement les mains.

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