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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/362

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choisir pour sa gloire ; car je croy que vous ne cherchez que cela ; au lieu que je vis à présent dans un désir continuel d’une chose que je ne sais si elle pourroit réussir, quand mesme vous la souhaitteriez, si bien que je suis dans un embarras d’esprit qui ne se peut dire. Mais, après cette épreuve, je pourray presque avec certitude vous assurer de l’un ou de l’autre, et attendre avec pa- tience le temps que vous m’ordonnerez.

Ma pensée estoit de demeurer dans ce lieu là, au cas que vous le trouvassiez bon, jusqu’à ce que vous fussiez près de retourner à Rouen ; néanmoins, si vous voulez absolument que je retourne devant ce temps là, je n’ay pas à faire de vous asseurer que je le feray, car je sçay bien que vous n’en doutez pas ; aussi ne manqueray je pas à vous obeïr promptement.

Voila, monsieur mon père, la très humble prière que j’avois à vous faire ; je ne doute pas que vous ne me l’accordiez ; mais je vous prie de prendre la peine de m’y faire faire response le plus tost que vous le pourrez par ma sœur ou par quelque autre ; car je crains que les remèdes vous empeschent de vous donner la peine de la faire par vous mesme. Considérez, s’il vous plaist, que je n’ay que ce seul temps là pour faire cette retraite si utile et mesme si nécessaire pour moy, principalement à cause des circonstances qui s’y rencontrent. C’est pour quoy je vous conjure, si j’ay jamais esté assez heureuse pour vous satisfaire en quelque chose, de m’accorder promptement ce que je vous demande. Ces religieuses ont eu assez de bonté pour me l’accorder de leur part. M. Perier, mon frère et ma fidelle l’approuvent et en sont contents, pour- veu que vous y consentiez, si bien qu’il ne despend que de vous seul. J’ay pris la hardiesse de vous prier de peu de chose en ma vie ; je vous supplie, autant que je le puis