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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/318

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302 ŒUVRES

qu'au 12 de Mars, et derechef vers la fin de Mars, le vif ar- gent a monté plus haut que 2 pieds et 4 pouces, et entre ces deux tems, il a esté plus bas que 2 pieds 3 pouces. Mais cela n'empesche pas qu'en échauffant extraordinairement le tuyau où il y a de l'air, cela ne face aussy baisser le vif argent, ainsy qu'au termometre ^ »

On voit dans quelles dispositions Descartes quitta la Haye, le 8 mai au matin ^. Dans quelles dispositions le P. Mersenne l'attendait, on le verra par quelques extraits qu'on peut dé- chiffrer de sa lettre à Hevelius du i^'^ juin 1648 : « Jam nos- trae, ut vides, disputationes de vacuo recrudescunt. . . Quidnam istudportentum, ut aer adeo levis depressiones aut impulsio- nes pressionesque plus quam noncuplam fecerit?... Sed quid rarefactio cum nesciamus, neque forte sit intelligibilis... utut sit,mira videri possint ; neque forsan nostrum saeculum omnia istius vacui Phenomena expediet, verisque rationibus adorna-

I . Il n'est pas inutile de transcrire la suite de la lettre ; car si on rapproche le texte du passage de la lettre du P. Mersenne à Cons- tantyn Huygens, du 17 mars, qui est cité plus haut (p. 217), on s'aperçoit que Pascal est visé par Descartes en même temps que Rober- val: « Au reste, je n"ay pu lire sans quelque indignation ce que vous me mandez avoir escrit au S"" Schooten, touchant ma Géométrie, et vous m'en excuserez, s'il vous plaist. J'admire vostre crédulité : vous avez vu plusieurs fois très clairement, par expérience, que ce que le Roberval disoit contre mes escrits estoit faux et impertinent, et tou- tefois vous supposerez que j'y doy changer quelque chose, à cause que Roberval dit qu'il manque quelque chose en ma solution du lieu ad 3 et 4 lineas, comme si les visions d'un tel homme dévoient estre con- sidérables. Ma Géométrie est comme elle doit estre pour empescher que le Rob. et les semblables n'en puissent médire sans que cela tourne à leur confusion ; car ils ne sont pas capables de l'entendre, et je l'ay composée ainsy tout à dessein, en y omettant ce qui estoit le plus facile, et n'y mettant que les choses qui en valoient le plus la peine. Mais je vous avoue que, sans la considération de ces esprits malins, je l'aurois escrite tout autrement que je n'ay fait, et l'aurois rendue beaucoup plus claire ; ce que je feray peutestre encore quelque jour, si je voy que ces monstres soient assez vaincus ou abaissez. » Cf. la lettre du 11 juin 16/19 ^ Garcavy, infra, p. 4o8.

a Œuvres de Descartes, Adam Tannery, V, p. i83, n. i.

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