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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/294

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«78 ŒUVRES

un honneste homme, le plus haut degré d'honneur où il puisse aspirer, est de parvenir à celle de pouvoir un jour prester le collet à la plus foible escoliere de la moingz eslo- quente harangere de la halle 1

Vous voyez, mon père, que j'ai moy mesmes très soi- gneusement pratiqué cette maxime generalle de la société, que je me suis contenté, en repoussant vos invectives, de vous faire veoir que vous les avez entrelassées dans les figures de rhétorique qui ne sont pas dans des règles de la grammaire, afin que de toutes ces choses vous puissiez recueilUr que']/ioiw[ n'avons, grâces à Dieu, aucun subject de nous plaindre de l'efi'ect du mespris et du traitement injurieux que vous avez, sans aucun subject voulu rendre à une personne qui ne pensoit point à vous quand vous avez le premier recherché sa connoissance, et qui avoit de sa part, par toutes les civilitez et recognoissances imagi- nables, cultivé cest honneur. Mais j'ay faict tout cela sans invectiver, et sans vous rendre injure pour injure. Apres cela, mon père, j'ose vous supplier très humblement de vous en abstenir désormais, si vous avez dessein de con- tinuer avec mon filz ou avec moy l'honneur de vos com- muniquations : autrement je proteste devant Dieu de sup- porter et oublier nous mesmes toutes les injures dont une mauvaise inclination ou un mauvais conseil pourroient vous rendre capable, en vous monstrant, à la face de toute la France, l'exemple de la modestie, que vous debvez nous avoir enseigné.

J'attends, mon père, cette grâce de vous ; et sur cette espérance, je ne veux plus me ressouvenir de dérision, ny d'allégorie, ny d'invective, ny de tout ce qui tient ou de

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��que n avons.

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