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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/290

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274 ŒUVRES

vouez d'avoir piqué et provoqué) soit légitimement excu- sée par Taccusation, que de vostre propre mouvement vous faictes contre vous mesmes d'avoir offensé le Père Vallerianus ^ ? Non, mon père, ne vous abusez point ; on void votre intention à descouvert : vous avez pensé que ce ne vous seroit pas peu de gloire, de tascher seuUement (sans y parvenir) à destruire des expériences qui avoient esté par tant d'honnestes gens jugées dignes d'estre consi- dérées ; et n'avez pas estimé de vous estre dignement ac- quitté de vostre tasche, si vous ne traittiez du haut en bas^, et, qui plus est, injurieusement, et les expériences, et celluy qui les a produittes, et tous ceux qui les ont consi- dérées, en les produisant à Son Altesse comme ridicules, fausses et mal entendues. Vous vous estes imaginé que S.A. jugeroit par la hardiesse de vostre procédure et du ton que vous avez pris, que vous estiez l'oracle à qui l'on doibt avoir recours en ces matières ; car à moins que cela, vous n'auriez pas eu l'assurance de desmentir (par une liberté qui ne vous appartient pas) ^, les yeux et le juge- ment de tous les curieux et sçavants de Paris, qui ont veu et passé tant de fois par l'examen de leur raisonnement, des choses que, par trop de chaleur et de précipitation, vous avez osé appeler fausses et mal entendues. Mais quoy que vous en ayez dict dans vostre Epistre, le lecteur de vostre livret entier ne peut s'asseurer et demeure en suspens de vostre jugement propre ; il a peine à le descouvrir : car, d'un costé, dict il, si le père Noël jugeoit en soy mesmes ces expériences aussy ridicules, fausses et malen-

��1. [Je voidz] vostre intention.

2. Et qui plus est jusqu'à les ont considérés, en marge, et de la seconde écriture.

3. A partir de les yeux , jusqu'à la fin du paragraphe, de l'écriture du correcteur.

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