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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/284

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pose ? Quel sens donneroit on à ce que vous adjouttez que si la nature estoit cogneue d’un chacun comme elle l’est de son Altesse, on se seroit bien gardé de luy faire un procez sur de fausses dépositions ? Et à quel propos demanderiez- vous justice à S. A. de toutes ces calomnies ? Tous ces discours auroient aussy peu de sens que Fantithese de votre tiltre, si l’admission du Vuide n’estoit un crime métaphorique.

En vérité, mon père, quand vous aurez perdu la joye que vous avez conceu d’avoir trouvé cette allégorie, c’est à dire dans quelque temps, que la production que vous ferez d’autres ouvrages de plus grande conséquence vous

  • [aura] faict oublier que vous estes l’autheur de celuy-cy, et que vous serez en estât de le considérer comme un ouvrage d’autruy, j’ay grand peine à croire que vous en fassiez la mesme estime que vous en faictes à présent. Vous

ferez alors une reflexion sur les règles de la métaphore ; vous en remarquerez au moins la principalle, capable toute seule de vous oster la bonne opinion que vous avez conceue de celle sur laquelle vous avez fondé cette allégorie, et recognoistrez qu’il faut que le terme métaphorique soit comme une figure, ou une image du ^ [subject] réel et véritable, qu’on veut représenter par la métaphore ; ce qui faict que le terme métaphorique ne peut point estre adapté au [subject] qui est directement contraire au premier : ainsy nous appelions, par métaphore, une langue serpentine, quand nous parlons d’une langue mesdisante, parce que le venin de la langue du serpent est comme l’image

1. Man. : aurés.

2. Le copiste a lu ici subtil pour subiect, et sa faute n’a pas été relevée à la révision de la copie. Il nous semble que la correction s’impose.