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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/282

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266 ŒUVRES

demeurent d'accord avecqiie moy, qui en suis aussy per- suadé que personne, et qui, par cette persuasion universelle, adjoustéeàmes devoirs particuliers, suis aussy par Jaictement que nul autre,

Monseigneur, de Vostre Altesse, le très humble, très obéissant et très obligé serviteur,

EsTiENNE Noël, de la compagnie de Jésus. »

Dieu vous maintienne longues années, mon révérend père, dans la joye que vous ont donnée ces belles pensées, et vous oste de l'esprit les nuages qui la pourroient trou- bler, par une solide reflection que vous pourrez quelque jour faire sur tous ces beaux discours I

Quel pouvez vous imaginer estre le jugement de tous les sçavants sur l'entreprise que vous faictes, de vouloir faire passer pour ridicules, et tourner en raillerie des expé- riences qu'ils ont tous très sérieusement considérées du- rant plusieurs mois, et qu'ils considéreront encore tous les jours avec toute la force et toute Tattention de leur esprit? La Nature, dictes vous, est aujourd'huy accusée de vuide, et vous entreprenez de l'en justifier, et tout le sur- plus de cette Epistre n'est rien qu'une continuation de cette allégorie poinctue, ou plustost picquante, et pleine de pointes satyriques et de reproches de hardiesse, de fausseté de faicts, d'impostures de tesmoings, de fausses dépositions, d expériences mal recogneûes et encores plus mal avérées. En suitte de cette allégorie vous destruisez l'effect de toutes ces expériences par une seule hyperboUe, dont nous nous expliquerons, s'il vous plaist, après que nous nous serons entretenus de vostre allégorie et de ses pointes.

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