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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/28

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12 ŒUVRES

attollilur, in tubum prorumpit, hydrargyrum propellit, ac super ior tandem, eo depulso evadit* ? »

De ces quatre problèmes, le premier et le deuxième tou- chent aux principes de la philosophie ; ils mettent les savants du xvii^ siècle dans une situation particulièrement délicate. En effet, quand il s'agissait d'expliquer la lumière les atomistes soutenaient, contre les partisans du plein, l'existence d'un vide dispersé, c'est-à-dire d'un milieu vide à l'intérieur duquel circulaient les particules lumineuses. Mais ici on aurait eu affaire à une étendue continue dans laquelle il n'y aurait rien, à un vide absolu et qui serait pourtant capable de transmettre la lumière ^. A cette difficulté, venant de la transmission de la lumière, Mersenne ajoute celle qu'offrirait la propagation du son, dont l'étude lui était familière ; il propose cette expé- rience d'enfermer dans l'espace libre du tube une mouche, un oiseau, voire même un homme avec un marteau qui lui per- m'îttrait de briser sa prison en cas de danger, ou à défaut d'homme soit un chat, soit tout autre animal capable d'expri- mer par ses cris et par la vivacité de ses mouvements ce qui pourrait se passer dans cet espace sans air ^.

1. Dissertation de Nupero Experimento, circa Inàne coacervatum, iasérée dans les Animadversiones in X librum Diog. Laértii, 16^9, t. I, p. 427, et Opéra, Lyon, i658, t. I, p. 2o5. — Lasswitz a relevé ce pissage, et il a exposé les solutions de Gassendi dans sa GeschichJe < er Atomistik vo?n Mittelalter bis Newton, 1890, t. II, p. i36 sqq.

2. Dans son Traité de la Lumière, Leide, 1690, Huygens attache encore à « la célèbre expérience de Torricelli « une importance déci- sive pour la constitution de l'hypothèse de l'éther luminifère. La trans- mission de la lumière dans le haut du tube « prouve qu'une matière différente de l'air se trouve dans le tuyau, et que cette matière do.'t avoir percé le verre, ou le vif argent, ou l'un et l'autre, qui sont to s deux, impénétrables à l'air)) (p. lo-ii).

3. « Porro foret operae pretium aliquam muscam admodum vege- tam et robustam, verbi gratia, crabronem aut vespam in tubo BA inc udere, priusquam mercurioimpleretur, ut post depletionem in KG videretur num in eo vacuo aut si mavis, in œthere, viveret, ambularet, volaret,etc.)) Rejlecliones physico-mathematicse,V^r\^ 16^7, cap. iv, p. 90. A la dernière page de la première Pré/ace, Mersenne dit: «Nobis autem

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