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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/278

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262 ŒUVRES

hommes que la vérité soit cogneûe), j'en laisse à vous deux, si vous avez aggreable, la contestatiorij et le juge- ment aux sçavans du siècle présent, sauf F appel à la pos- térité. Je ne m'expliqueray avec vous que de vos mespris et de vos invectives, que j'ay jugé si peu préjudiciables à celuy qui en est l'objet, que je n'ay faict difficulté quel- conque de les insérer icy en leur entier, pour puis après les examiner en destail.

Voicy le tiltre de votre livre : le Plein du vuide, ou le corps dont le vuide apparent des expériences nouvelles est remply , prouvé par d'autres expériences, confirmé par lès mesmes, et desmoniré par raisons physiques.

Commençons, s'il vous plaist, à examiner votre tiltre : le Plein du Vuide. Le livret de mon fils, contre lequel vous escrivez, est ainsy intitulé : Expériences nouvelles touchant le Vuide, faites dans les tuyaux, syringues, soufflets et si- phons de plusieurs longueurs et fivgures, etc. A ce tiltre simple, naif, ingénu, sans artiffice et tout naturel, vous opposez cet autre tiltre : le Plein du Vuide, subtil, artifi- cieux, orné, ou plus tost composé d'une figure qu'on appelle antithèse, si j'ay bonne mémoire.

En conscience, mon père, comment pouviez-vous mieux debutter pour faire un abrégé de dérision ? On veoid bien que c'a esté là tout vostre but, sans vous soucier beaucoup des termes de cette antithèse, laquelle peut véritablement passer dans l'Eschole, où il est non seulement permis, mais aussy nécessaire (tant la nature de l'homme est imparfaite) de commencer par faire mal, pour apprendre peu à peu à faire bien ; mais certainement dans le monde, où l'on n'excuse rien, elle ne sçauroit passer, puisque par elle mesme elle n'a point de sens parfaict ; et je ne doute pas que vous ne l'ayez recogneu vous mesmes, et que ce ne soit peut estre pour quoy vous y avez adjousté

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