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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/277

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LETTRE D'ETIENNE PASCAL AU P. NOËL 261

que je ne sois pas assez heureux pour avoir le bien de vostre cognoissance, je ne puis vous dissimuler que vous l'avez esté beaucoup d'avoir entrepris, à si bon marché, de vous commettre en style d'injures contre un jeune homme, qui, se voyant provoqué sans subject_, je dis sans aucun subject, pouvoit, par l'amertume de l'injure et par la témérité de l'aage, se porter à repousser vos invectives (de soy très mal establies), en termes cappables de vous causer un éternel repentir. Vous me direz peut estre que vous n'eussiez pas demeuré sans repartie. Maïs estimez-vous qu'il feust de sa part demeuré dans le silence ? et ainsy où eust esté le bout de ce beau com- bat? Vous n'avez donc pas esté malheureux d'avoir eu affaire à un jeune homme, lequel, par une modération de nature, qui ne s'accorde pas tousjours avec cet aage, au Heu d'en venir à ces extremitez desadvantageuses à l'un et à l'autre, mais beaucoup plus à vous, a pris une autre voye pour vous faire entendre sa plainte. Et c'est par la juste condescendance quej'ay rendue à sa prière que je vous la porte ; mais sans injure, sans invective, sans user des termes de faussetez, d'impostures, d'expériences mal recogneiiës et encores plus mal avérées. Et toutesfois, sur tous les passages de vostre ouvrage, où je trouveray qu'il a eu subject de se plaindre de vous, je prendray la liberté de le faire sans dissimulation, et de vous donner des advis, qu'en cas pareil (si Dieu avoit permis que je m'y fusse précipité) je serois prest à recepvoir de tout le monde. En tout ce discours, vous ne trouverez rien qui touche la question du vuide, je suis, il y a long temps, très persuadé de l'oppinion que j'en ay * ; et, comme elle m'est indifférente (sinon en ce qu'il importe à tous les

I. Voir la lettre de Petit à Chanut, supra, t. I, p. 887 .

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