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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/236

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ŒUVRES

De retour en Allemagne, Leibniz s’étonna de ne plus entendre parler des coniques de Pascal. Il finit par en demander des nouvelles à Des Billettes[1] : « D’où vient, écrit-il en décembre 1696, que Messieurs Perier ne publient point les méditations géométriques qu’ils me montrèrent autrefois ? » (Die philos. Schriften v. Leibniz, Ed. Gerhardt, t. VII, p. 454). À quoi Des Billettes répondit, le 28 mai 1697 : « Il ne reste plus des Messieurs Perier que celuy qui est prestre et doyen de je ne sçay quel chapitre de Clermont en Auvergne, lieu de sa naissance, avec une sœur digne d’eux tous et de leur oncle. Il n’y a rien à attendre des œuvres de ce dernier. Il faut qu’ils les ayent perdues, ou ne les ayent jugées propres à mettre au jour. »

Les fragments égarés se trouvent décrits dans la lettre que Leibniz adressa à Étienne Perier le 30 août 1676, en renvoyant les manuscrits qu’on lui avait prêtés :


LETTRE DE LEIBNITZ À PERIER

CONSEILLER DU ROY À LA COUR DES AIDES DE CLERMONT-FERRAND,

NEVEU DE M. PASCAL[2]

Monsieur,

« Vous m’avez obligé sensiblement, en me communiquant les manuscrits qui restent de feu M. Pascal, touchant les coniques. Car, outre les marques de votre bienveillance, que j’es-

  1. Voir l’Éloge de M. l’abbé des Billettes par Fontenelle. Gilles Filleau des Billettes, né à Poitiers en 1634, membre de l’Académie des Sciences en 1699, mourut en 1720, sans avoir rien publié. Il était le frère de Filleau de la Chaise, auteur du Discours sur les Pensées de M. Pascal : il vivait, comme lui, dans le cercle de Mme de Longueville et du duc de Roannez.
  2. Nous reproduisons cette lettre d’après la copie qu’en avait gardée Leibniz (copie conservée à la Bibliothèque Royale de Hanovre, feuil. 3 des Pascaliana). Vide infra, t. XI, p. 350.