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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/222

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ŒUVRES

��tend pas les expériences de mon imprimé, je vous prie de remarquer ce trait icy entre autres : J'ay dit dans les premières de mes expériences qu'il a rap- portées, (( qu'une seringue de verre avec un piston bien juste, plongée entièrement dans l'eau, et dont on bouche l'ouverture avec le doigt, en sorte qu'il touche au bas du piston, mettant pour cet effet la main et le bras dans l'eau, on n'a besoin que d'une force médiocre pour l'en retirer, et faire qu'il se desunisse du doigt sans que l'eau y entre en aucune façon ce que les philosophes ont creu ne se pouvoir faire avec aucune force finie ; et ainsy le doigt se sent souvent attiré avec douleur ; et le piston laisse un espace vuide en apparence, oii il neparoist qu'aucun corps ait pu succéder, puis qu'il est tout entouré d'eau qui n'a pu y avoir d'accez, l'ouverture en estant bouchée ; et si on tire le piston davantage, l'espace vuide en apparence devient plus grand, mais le doigt n'en sent pas plus d'attraction. » Il a creu que ces mots, n'en sent pas plus d'attraction, ont le mesme sens que ceux-ci, n'en sent plus aucune attraction ; au lieu que, suivant toutes les règles de la grammaire, ils signifient que le doigt ne sent pas une attraction plus grande \ Et comme il ne connoist les expériences

��I . Cf. § XIII : « Cette expérience dit quatre choses : la pre- mière, Que l'eau n'entre point dans la syringue. La seconde, Qu'on sent de la douleur au doigt qui bouche l'ouverture, quand on commence à tirer le piston. La troisiesme, Que cette douleur ne se sent pas davan- tage quand on le tire beaucoup... Voicy mon raisonnement pour la seconde et la troisiesme : la douleur qu'on sent à la première sépara-

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