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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/217

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LETTRE DE PASCAL A M. LE PAILLEUR 201

moins obligé de luy repartir, puisque je dois rendre cette réponse à celuy qui est l'inventeur de cette opinion.

Comme j'escrivois ces dernières lignes, le P. Noël m'a fait l'honneur de m'envoyer son livre sur un autre sujet, qu'il intitule, le Plein du vuide^ ; et a donné charge à celuy qui a pris la peine de l'appor- ter, de m'asseurerqu'iln 'y avoit rien contre moy, et que toutes les paroles qui paroissoient aigres ne s'adres- soient pas à moy, mais au R. P. Valerianus Magnus, Capucin. Et la raison qu'il m'en a donnée est que ce Père soutient affirmativement le vuide, au heu que je fais seulement profession de m'opposer à ceux qui décident sur ce sujet. Mais le P. Noël m'en auroit mieux deschargé, s'il avoit rendu ce tesmoignage aussy public que le soupçon qu'il en a donné.

J'ay parcouru ce livre, et j'ay trouvé qu'il y prend une nouvelle pensée, et qu'il place dans nostre tuyau une matière approchante de la première ; mais qu'il attribue la suspension du vif-argent à une qualité qu'il luy donne, qu'il appelle légèreté mouvante', et

��1 , C'est au Plein du vuide que Descartes fait allusion dans sa lettre au P. Mersenne du 7 février i6/j8 : « J'espère voir le livre du P. Noël, quand je seroy à Paris. ))(A.T.;t.V, 119). Le P. Mersenne avait com- muniqué le livre à Hobbes qui, n'ayant pu voir Mersenne à la Place Royale, lui écrivit de Saint-Germain le 17 février i648. Voir la lettre de Hobbes à l'Appendice, p. 312-214.

2. Cf. § XI : « Pourquoy Vj^ther, ayant suivy le vif-argent jus- quesà deux pieds trois pouces par dessus la surface de celuy qui c;t dans le vaisseau, s'arreste. L'inclination de V^ther est de monter par

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